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Dans une ville d'Amazonie, El Idilio, un homme blanc est retrouvé mort. Le maire de la ville accuse directement les indiens, les Shuars. Mais un vieil homme Antonio José Bolivar, grand connaisseur de la forêt et des Shuars, reconnait la signature d'un jaguar. Le maire donna donc l'ordre à Bolivar de partir à la recherche de l'animal et de le tuer.

Ce roman très court, écrit en 1992, est le premier de Luis Sepulveda. L'Amazonie est décrite avec beaucoup de douceurs et de poésie. L'auteur ayant vécu lui-même dans la forêt.

« Ce roman est né sans le savoir pendant un épouvantable orage amazonien, en 1978. Je me trouvais en Équateur, première escale d'un exil commencé en 1977 et qui allait durer jusqu'en 1989. Quand cet orage a éclaté, je vivais depuis quatre mois déjà dans un hameau shuar construit sur la rive est du haut Nangaritza. Je n'étais pas l'un des leurs, mais j'étais comme eux. (…)Sur une hauteur, non loin du fleuve Yacuambi, il y avait une chaumière construite sur pilotis dont le toit de palmes tressées laissait échapper de légères volutes de fumée. Nous nous sommes approchés et, à quelques mètres, Nushiño m'a dit qu'un vieux bizarre vivait là, un Blanc qui parlait très peu. (…) . La partie supérieure du meuble lui arrivait au milieu de la poitrine, il y a déposé la lampe puis s'est approché du hamac près duquel se trouvait un autre caisson, plus petit, suspendu, que je n'avais pas vu. Il ne contenait pas plus de cinq ou six livres, le vieux en a pris un, l'a emmené jusqu'au meuble réservé aux assiettes puis, lentement, avec cérémonie, il a sorti un objet d'un étui de toile, a soufflé dessus, l'a frotté et a regardé à travers. C'était une loupe. le vieux a ouvert le livre, cherché une page et, debout, a commencé à lire.» Luis Sepúlveda dans "Histoires d'ici et ailleurs"